Forêt de Castillon : après 5 ans de restauration post-incendie, les partenaires du projet réunis pour célébrer la réouverture du sentier
Sécuriser et laisser la nature reprendre ses droits
L'incendie du 24 août 2020 a détruit une très large part de la forêt domaniale de Castillon, remarquable îlot de biodiversité niché entre Port-de-Bouc et Saint-Mitre-les-Remparts, au sein du Golfe de Fos. Relais essentiel pour les oiseaux migrateurs de l'étang de Berre, la forêt abrite également de nombreux vestiges témoins de la présence humaine depuis le VIe siècle avant J.-C.
Dès l'automne 2020, les équipes de l'Office national des forêts ont engagé la première phase du programme de restauration : la sécurisation du site. Sur des terrains pentus ou en restanques (terrasses créées grâce à des murs en pierre sèche), inaccessibles à une exploitation classique, les ouvriers forestiers ont abattu les pins brûlés et débrisé les houppiers. Pour l’ensemble de cette phase, la décision a été prise de laisser les rémanents sur les parcelles, afin de favoriser la régénération naturelle, reconstituer la matière organique des sols et conserver la banque de graines sur site. Des travaux spécifiques ont également été conduits aux abords des sites archéologiques sensibles, afin de préserver les vestiges.
Cette première phase, menée entre 2020 et 2022, a été financée grâce au soutien de la Fondation TotalEnergies et de la Région SUD Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle a permis de sécuriser le site et de poser les conditions d'une reconquête naturelle de la végétation sur 44 hectares.
Réhabiliter les équipements d'accueil
La seconde phase du programme, soutenue par la Fondation TotalEnergies et complétée par les contributions du groupe CMA CGM et d'Effia, qui porte sur la restauration des équipements d'accueil du public, a été menée entre 2022 et 2025. Le bureau d'études de l'ONF a conçu un projet de réhabilitation du sentier de découverte et des mobiliers dégradés, en tenant compte d'une contrainte forte : le site s’inscrit dans le périmètre d’une zone Natura 2000 et le site est classé au titre des paysages des « Étangs de Saint-Blaise et forêt de Castillon », ce qui imposait des choix matériaux adaptés au paysage. La pierre sèche a ainsi été retenue pour l'ensemble des aménagements — pour les 36 pas d'âne, les marches et les 15 revers d'eau — afin de respecter l’esprit des lieux.
Les travaux ont été réalisés par une équipe d'ouvriers de l'ONF de la base de Gardanne, familiers des spécificités du site. Ils ont abouti à la réhabilitation d'un peu plus d’un kilomètre de sentier, offrant une vue magnifique sur l’étang du Pourra, agrémenté de cinq panneaux pédagogiques sur la flore, la faune, l'histoire de l'étang du Pourra, la défense des forêts contre l'incendie et le rôle de l'arbre dans le cycle du carbone.
Un programme de mécénat environnemental au service des territoires
Au terme de cinq ans de travaux, le bilan du programme est conséquent : 44 hectares sécurisés et reconstitués, 155 hectares d'habitats restaurés ou inventoriés, un sentier de découverte pédagogique d'un kilomètre rendu aux 400 000 visiteurs annuels du site, dans un espace naturel exceptionnel au cœur d'un territoire fortement urbanisé.
Ce programme illustre ce que le mécénat environnemental permet de réaliser sur le long terme : en conjuguant l'expertise de l'ONF, l'engagement de collectivités territoriales et la générosité d'entreprises mécènes, il finance des interventions complexes, s'inscrit dans la durée et produit un bénéfice durable pour les territoires, bien supérieur à ce que chaque acteur aurait pu accomplir seul.